--- title: Fanzine 3 - La chaise pliante author: Benjamin Roux date: Septembre 2025 keywords: fanzine, recherche, recherche-action, recherche-creation, permanence, Blosne, Rennes, soin, édition ... (Hall de Polyblosne, Le Blosne, Rennes) -- Restitution des permanences de recherche du 2 avril, 14 mai et 5 juin 2025 _Ce texte, en tant que fanzine, a pour destination première un format imprimé (A5 moins 1 cm, plié, agrafé) et a été écrit et édité en ce sens pour un format PDF et entièrement réalisé sous logiciels libres (Libre Office, Gimp et bookletimposer sous environnement Debian). Je partage ici une version HTML à laquelle j'ai seulement retiré la première et quatrième de couverture. Il est possible de consulter la version en fanzine (PDF) sur le site [Quartiers en recherche](https://quartiersenrecherche.net/categorie/le-blosne/)._ # Sommaire [Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre.](#décrivez-votre-rue.-décrivez-en-une-autre.) [Usages de l'espace public : déchets et poubelles](#usages-de-lespace-public-déchets-et-poubelles) [Théorème de la bouteille posée](#théorème-de-la-bouteille-posée) -- [Disparition de poubelles](#disparition-de-poubelles) -- [Réapparition de poubelles (usages informels bien moins visibilisés)](#réapparition-de-poubelles-usages-informels-bien-moins-visibilisés) [Permanence du mercredi 14 mai : implication du chercheur](#permanence-du-mercredi-14-mai-implication-du-chercheur) [Pourquoi rentrer dans le hall : les prises électriques](#pourquoi-rentrer-dans-le-hall-les-prises-électriques) [Extrait de journal. La chaise pliante](#extrait-de-journal.-la-chaise-pliante) [Voilà l'été. Actualités de la (permanence de) recherche](#voilà-lété.-actualités-de-la-permanence-de-recherche) [Rentrée de septembre et évolution de mon travail](#rentrée-de-septembre-et-évolution-de-mon-travail) # Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. « Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m'ennuient, ils ne m'apprennent rien ; ce qu'ils racontent ne me concerne pas, ne m'interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser. Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire ? \[...\] Comment parler de ces « choses communes », comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu'elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes. Peut-être s'agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie : celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l'exotique, mais l'endotique. Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l'origine. \[...\] Ce qu'il s'agit d'interroger, c'est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes ; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ? Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez. Faites l'inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l'usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez. Questionnez vos petites cuillers. Qu'y a-t-il sous votre papier peint ? \[...\] Il m'importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d'une méthode, tout au plus d'un projet. Il m'importe beaucoup qu'elles semblent triviales et futiles : c'est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d'autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité. » Georges Perec, *L'infra-ordinaire*, Seuil, 1989, pages 10-13. # Usages de l'espace public : déchets et poubelles {#usages-de-lespace-public-déchets-et-poubelles .unnumbered} Je traite ici d'un sujet sensible. À commencer pour les habitant·es du quartier, c'est sûrement le deuxième mécontentement le plus partagé après la question du trafic. Celui-ci est principalement focalisé sur les espaces de poubelles enterrées. Poubelles encombrées, déchets posés à côté, etc. Mais il s'accompagne également de la question des déchets qui sortent de la zone des poubelles pour parsemer l'espace public. À cet endroit, avant de détailler la manière dont je m'en suis saisi, je tiens à évoquer la seconde raison qui en fait un sujet « sensible » car, tout comme le deal, c'est aussi un des sujets que les formes narratives extérieures au quartier aiment à caricaturer pour finalement l'enfermer dans des images qui ne reflètent (ou très partiellement) ce qu'il est au quotidien pour celles et ceux qui y vivent. Ces récits vont des idées reçues, en passant par de (nombreux) articles de journaux, jusqu'aux discours politiques, et les uns nourrissant les récits des autres. Ce sont des sujets dont il est facile de se saisir pour y appliquer une simplification nécessaire au cliché et l'envie d'y adosser une portée complexe ne fait finalement pas ou peu partie des exigences narratives de ce type de récits. Me voici donc, d'une certaine manière, à rajouter une pièce (un récit de plus) à ces sujets qui saturent notre quotidien d'habitant·es du Blosne. Mais, et c'est une question que je vais avoir à me poser pour de nombreux sujets, me faudrait-il ne pas traiter d'un sujet qui compose la densité des formes d'attachements au quartier sous prétexte qu'il est trop (et majoritairement mal) traité par d'autres ? Ci-dessous donc, un extrait de mon journal de recherche comme tentative d'épuisement d'un sujet bien trop évoqué mais si peu questionné. ## Théorème de la bouteille posée {#théorème-de-la-bouteille-posée .unnumbered} ![](img/IMG_fanzines/fanzine3-1.jpg) C'est une pratique qui m'intrigue fortement et que j'ai donc commencé à documenter dans le square de Sétubal où je vis. Ce geste n'est pas le classique « jeté d'ordure, souvent écrasée, à même le sol ». Il s'agit plutôt d'un « posé à même l'endroit qu'on a traversé ou où l'on s'est soi-même posé » (par exemples les marches d'un escalier ou un muret). Comme la pomme retrouvée posée dans un coin du hall de mon immeuble (décrite dans une autre partie de mon journal) ce geste me semble appeler quelque chose de l'ordre d'une intention ou d'une adresse. Ce n'est pas simplement un acte destiné à se débarrasser (se désencombrer), mais bien un geste pour signifier quelque chose, à soi ? Aux autres ? J'évoquais pour la pomme l'hypothèse d'un message qui pourrait être de l'ordre de : « je suis passé par là », une variante du « j'étais là »[^1]. Cette pratique plutôt répandue (une douzaine de photos en l'espace de six mois seulement dans mon square) pourrait-elle être devenue un « mème[^2] », ces « éléments culturels reconnaissables, reproduit et transmis par l'imitation du comportement d'un individu par d'autres individus » et si étroitement liés à internet ? À ne pas négliger, comme le suggère la sixième photo légèrement différente (combinaison de deux gobelets empilés et d'un emballage de barre chocolatée) : qu'il peut s'agir aussi simplement de se débarrasser de ce qui nous encombre et au plus près de l'endroit où se manifeste ce besoin ? C'est aussi un écho à la disparition de deux poubelles à cet endroit du square (pour la 3^e^, 5e et la 6e photo), voir la partie suivante. ## Disparition de poubelles ![](img/IMG_fanzines/fanzine3-2.png) Cette première réflexion m'amène à cette deuxième hypothèse. En tant qu'habitant du square je m'étais interrogé il y a environ deux ans[^3] à propos de la démarche de la ville d'enlever deux poubelles du square (celles mentionnées par des croix ; des ronds pour les trois restantes). J'ai prévu de me renseigner auprès des services de la ville pour comprendre cette décision (sûrement de considérer que les autres suffisaient) et le choix de ces deux poubelles en particulier (proximité d'une poubelle enfouie, mais qui n'a pas le même usage, taux de remplissage constaté par les personnes qui les ramassaient ? Etc.). Ceci étant, de part l'analyse quotidienne et annuelle de la fréquentation de cette espace que j'en ai fait, ces deux poubelles semblaient très stratégiquement situées. En effet, la route (signalée par des pointillés blancs) est très fréquentée, déjà elle dessert l'accès aux parkings souterrains et aériens (au sud de la ligne pointillée pour l'ensemble des habitant·es du square, mais elle est aussi fréquentée quotidiennement par de nombreuses personnes qui se garent sur ce parking pour aller à la station de métro Italie (au nord de la photo) ou encore pour desservir les deux écoles publiques (à gauche de la photo) et privé (école Diwan, à droite de la photo). C'est également l'accès pour tous les adolescents qui fréquentent le complexe sportif Roger Salengro (juste en dessous des parkings). Cette route voit également sa fréquentation s'intensifier à d'autres rythmes et saisonnalités. Pour ne citer qu'un seul exemple : nous avons tous les week-ends du moins de juin la CAN de Rennes, grand tournoi de foot amateur qui fait venir plusieurs centaines de personnes sur ce même stade et dont un des trajets privilégiés et justement cette route en pointillée (du métro au stade). Il est difficile, à partir de ce constat, de ne pas négliger que la disparition de ces deux poubelles, à des endroits qui semblent stratégiques au regard des usages décrits ci-dessus, ait un impact quant aux dépôts de déchets évoqués précédemment[^4]. ## Réapparition de poubelles (usages informels bien moins visibilisés) Il me semblait intéressant de partager une troisième découverte pour poser peut-être un contrepoint aux deux hypothèses précédentes. Nous ne sommes pas dans le square de Sétubal mais dans un autre endroit du Blosne, il s'agit du chemin de Moldavie, entre l'école Torigné et la place du Banat. Un samedi matin en allant au marché du Blosne (Place Jean Normand, anciennement place de Zagreb) j'ai découvert sur cet espace public aménagé (deux tables avec leurs bancs), une installation de trois sacs transparents faisant office de poubelles (figures 1 et 2 en pages suivantes). Trop loin du marché pour que ce soit dans ce cadre. Est-ce lié (et resté après) à un événement qui a eu lieu dans cet espace ? En tout cas je peux faire en l'état deux constats : les premières poubelles publiques à proximité sont à au moins une cinquantaine de mètres ; il n'y a pas de déchets par terre et les poubelles sont utilisées. Cette situation me semble être un exemple intéressant de ces « pratiques et usages habitants », peu visible à qui n'y porte pas attention. Il me semble faire partie de ces signaux de basse intensité (comme les bouteilles déposées) qui font « signe » d'une appropriation de l'espace public par l'usage quotidien et qu'il serait possible de « capter » par les services municipaux pour ajuster les emplacements des poubelles et les fréquences de ramassage au plus près du vécu. ![](img/IMG_fanzines/fanzine3-3.jpg) Figure 1: En tout trois sacs transparents (deux sur cette photo et un troisième sur la suivante) sont attachés à la clôture ganivelle à cet endroit du chemin de Moldavie ![](img/IMG_fanzines/fanzine3-3.jpg) Figure 2: Tables et bancs de pique-nique chemin de Moldavie, jour de marché au Blosne (on aperçoit les barnums en arrière plan). # Permanence du mercredi 14 mai : implication du chercheur *Permanence 8. Hall de Polyblosne. Mercredi 14 mai 15h30.* *Extrait de mon journal de recherche.* Pour cette nouvelle permanence, en concertation avec l'équipe jeunesse et notamment Élodie et Clément, j'ai proposé de passer l'après-midi avec eux. Cela fait notamment écho aux récentes problématiques avec un groupe de jeunes (ados et pré-ados) dans le quartier. Nous avons commencé avec un moment de rencontre avec les parents dans le hall, où Élodie pouvait prendre le temps de discuter avec des mamans présentes pendant que les jeunes habitués du lieu tenaient la cafétéria et servaient des cafés et thés. Nous sommes ensuite montés à l'espace jeunesse du premier étage où nous avons fait les présentations et explicité ma présence. Les jeunes a été séparé en deux, un groupe restant dans l'espace pour un atelier dessin avec Mathis, un intervenant, et un second est descendu avec Clément pour aller au terrain de sport « Alexis Le Strat » juste à côté. Entendant parler depuis un moment de cet espace sportif et de sa forte fréquentation par des jeunes de manières formelles (Cercle Paul Bert, Ye Lin Han, etc.) et informelles, je me dis que je vais suivre ce groupe. L'idée étant pour moi de m'immiscer le plus possible dans leurs habitudes du mercredi et d'y trouver des temps d'échanges informels au-delà de mes observations. Nous arrivons au terrain de foot, l'idée étant de partir sur un « qui marque va au but ». De prime abord je dis que je ne vais pas jouer, prétextant mes baskets blanches. Puis, je me rends bien vite compte qu'il est difficile de créer des interactions en restant au bord du terrain. Je m'intègre dans la partie. Première interception de balle, premier dribble, deuxième dribble, chute. Et je tombe de tout mon corps en avant, je n'arrive pas à mettre mes mains en avant et je tombe le thorax sur mon poing gauche. Le sol étant un terrain synthétique bien dur et non du gazon. J'ai compris de suite que je m'étais bien fait mal. Je me relève en tentant de faire bonne figure. Je remarque qu'un des jeunes ne veut pas jouer à cause d'un autre avec qui il a un passif compliqué. Clément lui propose de faire un basket, je me propose pour jouer avec lui, un temps plus calme en perspective. Nous commençons à échanger et il me raconte ce qu'il s'est passé. Mais là, dès les premiers échanges, de ballon la douleur est forte. Je comprends que ça ne sert à rien de faire comme si de rien n'était. Je file chez le médecin, sûrement une côte cassée, j'attends la radio demain en prenant des antalgiques. En colère contre moi-même et frustré de mettre fin de cette manière à une après-midi très intéressante. Si avec cela on ne dit pas que le chercheur s'engage et y met son corps en jeu... Au-delà de la blague cela pose la question de mon désir de prendre part aux activités comme prétextes aux échanges et de ce que ça implique pour moi. Affaire à suivre. \[Ajout du 16 mai 2025\] En regardant cet événement avec un peu de distance, je me dis aussi que ce qui a peut-être contribué à cet accident c'est que je n'ai pas été assez en présence et en attention envers le chercheur impliqué dans la permanence que je suis. J'ai été en attention de la situation et des animateurs et jeunes mais moins à mon écoute. Or, au regard de mon engagement dans la permanence, je dois pouvoir faire en sorte de m'écouter tout autant. # Pourquoi rentrer dans le hall : les prises électriques Depuis le premier fanzine je tente de lister toutes les raisons et/ou pratiques qui font que des personnes franchissent la porte du Polyblosne et se retrouvent dans son hall. Petit rappel des épisodes précédents : les ordinateurs, la photocopieuse, le journal Ouest-France, le canapé et les fauteuils, l'accueil, l'espace cafétéria ou encore la canette. Même si je me doutais que je n'en avais pas fait le tour, je ne pensais pas encore tomber sur une pratique évidente du hall : les prises électriques. Les usages que j'ai pu constater des prises sont majoritairement ceux des jeunes (12 -- 20 ans). Il s'agit avant tout de recharger le smartphone qui est un élément essentiel de leurs sociabilités qu'elles soient sur les réseaux sociaux ou physique au sein même du hall. Pour se montrer des vidéos, pour se donner des conseils à propos de tel ou tel message reçu par telle personne, etc. La période des examens oblige, le mois de juin est aussi celui des révisions et, en discutant avec l'équipe de la Maison des squares et en passant à des moments hors de mes permanences, j'ai pu constater aussi que le hall est un lieu de refuge où les collégien·nes peuvent se poser et réviser en branchant également les ordinateurs aux prises électriques. # Extrait de journal. La chaise pliante Page suivante vous trouverez une photo (Figure 3) prise dans le parc de Moldavie lors d'un de mes trajets quotidiens pour aller au bureau des éditions du commun. Nous y voyons une dame, d'un certain âge assise dans une chaise pliante en train un jeu (mots fléchés ?) sur un magazine. À côté d'elle est posé un cabas et elle se trouve sur l'herbe, une légère butte à côté de l'agora et des jeux pour enfants récemment refait devant le Conservatoire. J'ai pris cette photo pour deux raisons. Tout d'abord, car c'est une pratique peu courante. Les habitant·es investissent fréquemment l'espace public mais plutôt en utilisant les assises (bancs, tables, chaises) installées pour ou à même l'herbe (plutôt dans des squares ou parcs). Cette dame a amené sa propre chaise et peut ainsi décider précisément de son emplacement, ici en plein soleil. Ensuite cette situation m'a immédiatement renvoyé à l'identité de la chaise pliante qui, en quartier populaire (et ce type de modèle en particulier) est devenu une esthétique particulière, de l'attente-assise propre au trafic de drogue et de sa surveillance et, bien plus largement, reprise comme une esthétique liée à un certain type de rap. Donc à un public « jeune » (16-25 ans?) et (quasi?) exclusivement masculin. Je n'ai choisi que deux exemples pour l'illustrer (figures 4 et 5) mais il suffit d'une recherche sur un moteur de recherche pour comprendre le phénomène. D'abord le rappeur Hatik rappeur passant à la radio depuis, mais ayant commencé avec un projet intitulé « chaise pliante ». Et également le rappeur Sam, du quartier du Blosne, mais aujourd'hui étant celui qui est le plus connu au-delà de ce territoire, avec une capture d'écran du clip de son morceau « Dans le noir » paru en février 2022 et récoltant 1,5 millions de vues à ce jour. Cette scène ayant été tournée à 400 m dans le square de Galicie. ![](img/IMG_fanzines/fanzine3-5.jpeg) Figure 3: Photo prise sur le trajet pour me rendre au travail, parc de Moldavie. ![](img/IMG_fanzines/fanzine3-6.png) Figure 4: Copie d'écran du clip du morceau « Dans le noir » (sorti le 4 février 2022, 1,5 millions de vues) du rappeur du Blosne Sam (scène tournée devant un hall d'immeuble du square de Galicie). ![](img/IMG_fanzines/fanzine3-7.png) Figure 5: Le rappeur Hatik s'est fait connaître avec son projet intitulé Chaise pliante, plusieurs singles et deux albums de 2018 à 2020 (Source Wikipédia). # Voilà l'été. Actualités de la (permanence de) recherche Me voici sur la fin de cette première année qui s'appuie sur le rythme scolaire. J'ai débuté ce travail en octobre 2024 et j'ai fait une dernière permanence le 5 juin 2025. Avant de reprendre ce travail dès septembre prochain je souhaitais partager ici un premier bilan. J'ai réussi à tenir le rythme que je m'étais donné c'est-à-dire : une permanence par mois (au nombre de 9) et un fanzine toutes les trois permanences (donc 3 avec celui-ci). Comme évoqué dans ces fanzines justement, l'ensemble se met en place petit à petit et les formats se cherchent encore, surtout pour la permanence. - Je viens d'obtenir un financement qui va me permettre de me consacrer pleinement les trois prochaines années à ce travail de recherche. C'est ce qui m'a manqué cette année et qui devrait donc m'aider à pleinement investir ces formats (permanences et fanzines). En l'état je vais déjà me projeter sur un format similaire d'une après-midi par mois de permanence. Je n'ai pas encore les dates, mais celles-ci seront calées ces prochaines semaines et disponibles à minima dans le hall de Polyblosne. - Les 1^er^ et 2 juillet 2025 j'ai leu e plaisir d'accueillir sur le quartier du Blosne une douzaine de personnes de Harnes (62), Grenoble (38) et Saint-Denis (93) pour échanger sur nos pratiques respectives autour des permanences de recherche et des fanzines. Il s'agit de la première rencontre de ce collectif qui s'est monté depuis quelques mois. J'aurais sûrement d'autres choses à vous partager à ce sujet les prochains mois. - Le jeudi 19 juin avait lieu la soutenance de mémoire de Master CAPS d'Audrey Andrianasolomanana pour laquelle j'ai eu la chance d'être jury suite à la proposition de Marie-Anaïs Le Breton que je remercie encore pour cela. Son travail porte sur « la réappropriation de l'espace public par les 16-25 ans du Blosne à travers les pratiques artistiques et culturelles ». Son travail et sa soutenance m'ont fortement intéressé et notamment à deux niveaux. Tout d'abord sur la place qu'Audrey a accordée dans sa recherche au fait qu'elle a elle-même grandi durant seize ans dans le quartier. Ensuite sur l'analyse même issue de son travail qui donne à voir des habitant·es du Blosne peut ou pas visible que ce soit dans l'espace public tout autant que dans les discours sur le quartier (institutionnels, médiatiques ou politiques). Et cette analyse a été permise notamment par sa posture de chercheuse et ses engagements dans et envers le quartier. En souhaitant que ce travail soit lu et entendu. # Rentrée de septembre et évolution de mon travail Cette première année de recherche est passée vite, 9 permanences, 3 fanzines. Comme je l'évoquais dans les numéros précédents, cette année a été essentielle, pour installer les dispositifs, pour faire connaissance, pour tester des choses, pour digérer tout cela et faire évoluer la suite. Je me suis rendu compte que j'ai été très exigeant (comme souvent) avec ma recherche (et avec moi-même) et que tout n'allait pas être possible, et ne l'a pas été tout à fait non plus. À vouloir trop faire le risque, au-delà s'épuiser, et finalement d'arriver à tout faire mais pas comme il le faut. C'est notamment le cas du fanzine, j'ai souhaité qu'il devienne un espace collectif tout en étant un endroit qui dévoile mon travail de recherche se faisant. Il me faut choisir. Ces derniers mois et différents espaces fréquentés durant l'été m'ont aidé à cheminer avec cette idée. La bonne nouvelle est donc ce contrat doctoral qui me donne de la visibilité sur les trois années à venir du point de vue de la question financière, et donc de ma disponibilité et de mon engagement. Cela me permet de faire un choix (qui n'en est pas un) : je vais déployer deux espaces différents dès la rentrée. - Je vais continuer les permanences mensuelles comme cette année, où j'irai à la rencontre d'habitant·es et de nouveaux espaces pour voir comment cela évolue et je continuerai de produire ce fanzine pour nourrir ces rencontres. - À côte de ces deux dispositifs, j'ouvre un nouvel espace en binôme avec mon amie et acolyte Marie Audran qui se voudra un espace d'écriture et d'édition collectif ouvert à toutes et tous. Cet espace sera bien l'espace de création collective habitante dans laquelle mon « je » pourra se fondre dans un « nous voisinant ». Tout cela s'organise, les rendez-vous se prennent, il reste encore des choses à définir mais, comme jusqu'ici, nous allons adapter en faisant, faire en essayant. Au plaisir de vous retrouver. ![](img/IMG_fanzines/fanzine3-8.jpg) Figure 6: Couverture d'un fanzine produit par des jeunes filles accompagnées par la MJC Maison de Suède. Il s'agit du quartier Bréquigny collé au Blosne de l'autre côté de l'avenue Henry Fréville et faisant partie de ce qui est appelé Zup Sud.J'ai découvert ce projet grâce àAudrey Andrianasolomanana et son travail de recherche. [^1]: En anglais « I was here », est une phrase populaire laissée majoritairement sous la forme de graffiti par une personne pour mentionner qu'elle est venue à cet endroit. Il s'agit même d'un des tout premiers « mème » sûrement paru pendant la Seconde guerre mondiale « Kilroy was here » ; [^2]: [^3]: Il me faudrait vérifier la date précise, je n'arrive pas à la retrouver et à l'époque je ne documentais pas mon quotidien comme aujourd'hui. [^4]: Je n'ai pas encore réussi à repérer à quel moment, et si celui-ci est régulier, interviennent les techniciens de la ville de Rennes qui passent ramasser les déchets dans l'espace public (hors poubelles).